"Lady Pipette" : qui est la gagnante de Ma Thèse en 180 secondes ?

Yaëlle Wormser, gagnante du concours Ma Thèse en 180 secondes (MT180), mène une double vie. Le jour, elle est chercheuse à l’Institut Pasteur. Le soir, elle est stand-uppeuse et rappeuse scientifique. Sciences et Avenir l’a accompagnée dans les coulisses de son laboratoire et de son spectacle au festival Double·Science.

La biologiste transforme sa paillasse en défilé de la Fashion Week

Le 28 mai dernier, sur la scène du Théâtre Sébastopol de Lille, Yaëlle Wormser reçoit le premier prix du jury lors de la finale nationale de MT180, un concours où les doctorants sont invités à présenter leurs sujets de recherche en seulement trois minutes.

Sur scène, la jeune microbiologiste explique sa thèse, pourtant très technique et fondamentale, de manière particulièrement claire et ludique. En filant la métaphore de la mode, elle transforme sa paillasse en défilé de la Fashion Week. Son sujet “Corynebacterium glutamicum comme système modèle pour l’étude de l’ADN gyrase de Mycobacterium tuberculosis” devient alors “Coco, la bactérie top-modèle qui prépare la prochaine collection d’antibiotiques contre la tuberculose”.

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Un besoin de transmettre et de représenter les femmes en sciences

“Je ne m’attendais pas du tout à remporter ce prix, sourit-elle devant son poste de travail. Déjà, les prestations des vingt-et-un autres candidats étaient exceptionnelles, tout ce qu’on peut attendre d’une finale nationale. Et humainement, j’ai fait des rencontres formidables.” La doctorante raconte avoir accueilli sa victoire avec émotion, dans une ambiance chaleureuse et bienveillante.

Mais quand Yaëlle Wormser monte sur les planches, ce n’est pas uniquement pour parler de sa thèse.

En effet, quelques jours plus tard, le 12 juin, c’est elle qui clôture le comedy show du festival de vulgarisation scientifique Double·Science. Pendant vingt minutes, les éclats de rire et les applaudissements résonnent dans la pièce, tandis qu’elle mêle rap, sketchs et médiation scientifique. Par exemple, le dos courbé, les yeux écarquillés et la voix enrouée, c’est en imitant Gollum, le personnage du Seigneur des Anneaux, que Yaëlle Wormser parle sur scène de son syndrome de l’imposteur, un sentiment auquel elle a fréquemment été confrontée en tant que femme scientifique.

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“Quand j’étais enfant, j'aurais tellement aimé voir des femmes faire des blagues sur la science”, confie Yaëlle Wormser. Elle met un point d’honneur à émerveiller les personnes qui l’entourent avec la science, à la rendre accessible, drôle et moins intimidante. “À mon sens, c’est ainsi que naîtront de nouvelles générations de scientifiques, moins intimidées par une science souvent perçue comme élitiste et inaccessible.”

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