
L’histoire commence en 2023, quand un petit submersible nommé Fendouzhe s'enfonce à sept kilomètres de profondeur dans la fosse Dordrecht. Celle-ci se situe dans la zone Diamantine, à l'ouest de l'Australie. Arrivés dans les abysses, les trois chercheurs découvrent un trésor incroyable : près de 500 fossiles de baleines à bec gisent sur une bande de 1200 kilomètres, le plus ancien remontant à 5,3 millions d'années. Parmi ces squelettes, il y a même une espèce encore inconnue, que l'équipe décide de nommer Pterocetus diamantinae.
Mais le trésor est aussi vivant. Les fossiles abritent un écosystème extrêmement riche, composé de méduses, de vers foreurs d’os, de mollusques bivalves et d’ophiures. Localement, la densité de mégafaune atteint jusqu’à 2840 individus par m2.
10 millions de squelettes
Mais pourquoi une telle concentration de carcasses à cet endroit précis ? Selon les chercheurs, c’est parce qu’il s’agit d’une zone d’alimentation importante pour les baleines à bec. Ces espèces sont des prédateurs spécialisés en poissons d’eaux profondes, et elles se nourrissent le long de pentes continentales abruptes ou des canyons sous-marins. La zone Diamantine et ses ressources abondantes constituent donc un lieu de chasse idéal.
Selon les scientifiques, la mortalité naturelle, les risques liés à la plongée profonde et la topographie en V de la zone contribuent sûrement à l'accumulation des restes de baleines à bec dans ces fonds marins. En extrapolant leurs résultats, ils estiment que plus de 10 millions de squelettes pourraient y reposer.