
Contrairement à d’autres méthodes pour évaluer les capacités cognitives, leur BrainHealth Index ne compare pas un individu à une quelconque moyenne dans la population, mais à l’individu lui-même. Ainsi, ce score se focalise davantage sur les gains ou les pertes individuelles, peu importe le niveau de départ.
Auparavant, la comparaison avec une norme populationnelle ne donnait qu’une idée relative de la santé du cerveau : à un tel âge, on est censé avoir un tel niveau, et, en moyenne, ce niveau chute en vieillissant à cause de la perte neuronale liée à l’âge. Cette approche donne une idée fataliste, de nature à décourager tout effort pour améliorer sa cognition à partir d’un certain âge.
En prenant en compte uniquement l’individu, ce nouveau score permet de détecter des améliorations individuelles, montrant par exemple si une formation ou une nouvelle hygiène de vie peut augmenter les capacités cognitives, la santé émotionnelle ou encore les connexions sociales.
Changer les habitudes pour améliorer le cerveau
Les chercheurs ont utilisé leur BrainHealth Index dans le cadre du BrainHealth Project, un projet lancé en 2020 avec l’objectif d’évaluer l’impact de plusieurs interventions sur la neuroplasticité.
Ces interventions, conçues au Centre pour la santé mentale de l’Université du Texas, consistent en plusieurs vidéos d’entraînement courtes qui travaillent sur plusieurs aspects de la cognition, dont l’attention (comment prioriser stratégiquement l’attention et permettre au cerveau de se reposer), le raisonnement (synthétiser l’information et appliquer des idées abstraites) et l’innovation (considérer plusieurs possibilités et points de vue, générer de nouvelles solutions).
Les participants apprennent ensuite à appliquer ces apprentissages dans leur quotidien, par exemple pour favoriser la curiosité et créer des liens sociaux. Le but étant de construire de nouvelles habitudes de vie plus bénéfiques pour la santé du cerveau. Leur BrainHealth Index était calculé avant le début des formations, tous les six mois, et à la fin du projet (3 ans après), afin de déterminer si celles-ci étaient efficaces ou pas.
Renforcer la cognition à tout âge !
Un total de 3966 Etats-Uniens ont participé au projet, dont près de la moitié (1814) avaient plus de 65 ans. L’Index montrait bien que ces formations étaient bénéfiques, et plus on les appliquait, plus le cerveau s’améliorait. Mais le plus intéressant est que l’amélioration constatée était similaire dans tous les groupes d’âge : ces formations avaient un impact positif sur la cognition et l’affection, même après 90 ans ! Les jeunes en bénéficiaient autant que les seniors, comme quoi le cerveau n’est pas condamné à décliner irrémédiablement : on peut toujours améliorer ses capacités !
“Ces résultats nous poussent à changer de paradigme vers celui d’une optimisation de la santé cérébrale tout au long de la vie grâce à des interventions accessibles”, concluent les auteurs. Comme c’était le cas de ces formations courtes par vidéo, qui non seulement donnent des pistes pour améliorer les habitudes de vie, mais surtout montrent aux participants qu’ils peuvent agir pour protéger la santé de leur cerveau. Ce message encourageant rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour renforcer notre cognition.