Grand requin blanc en Méditerranée : pourquoi il est devenu si rare

Grand requin blanc en Méditerranée : pourquoi il est devenu si rare

ESSENTIEL. La Shark Awareness Day (Journée de sensibilisation aux requins) est célébrée chaque année le 14 juillet. Il ne s'agit pas d'une journée officielle, mais d'une initiative visant à mieux faire connaître les requins et à rappeler leur rôle essentiel dans les écosystèmes marins. À cette occasion, nous publions un article sur la réalité de la présence du grand requin blanc en Méditerranée, au-delà des quelques observations spectaculaires souvent médiatisées. Il s'agit d'un extrait du mensuel Sciences et Avenir n°953-954, daté juillet-août 2026.

Exceptionnel et inoubliable. Ce mois de juin 2026, lors d'une mission menée par des ONG entre la Sicile et la Tunisie, des plongeurs ont filmé à 40 mètres de profondeur un grand requin blanc. Les premières prises de vue sous-marines de cet animal en Méditerranée ! Les vidéos précédentes avaient toutes été prises depuis la surface, y compris sur les côtes françaises. En novembre 2024, un pêcheur amateur l'avait rencontré au large de Porquerolles, dans le Var. Interrogé par TF1, Henri Cavillon racontait : "J'ai coupé le moteur (...), le requin m'a vu assez rapidement, il s'est approché de moi tout doucement, très pacifiquement, il a tourné, est passé sous la quille. "

Deux ans plus tôt, le 22 septembre 2022, trois plaisanciers naviguant au large de la Camargue avaient aussi croisé, et filmé, un grand blanc. Le requin est apparu à la surface alors que leur embarcation avançait à vitesse modérée. Lorsque le bateau s'est arrêté, l'animal a tourné autour, environ cinq minutes, à une dizaine de mètres de distance, avant de repartir en direction de la côte.

Les images de ces deux événements permettent d'affirmer sans l'ombre d'un doute qu'il s'agissait bien, à chaque fois, de Carcharodon carcharias ; mieux encore, que les observations de Porquerolles et de la Camargue concernent des individus différents. Le second squale est une femelle, le corps marbré de "marques d'amour", des cicatrices dues aux morsures du mâle pendant l'accouplement. Il y a donc des grands requins blancs en Méditerranée ?

En juin, pour la première fois, un grand requin blanc a été filmé dans les profondeurs de la Méditerranée. Crédit : DERK REMMERS/GHOST DIVING

Depuis le XVIIᵉ siècle, seulement 800 observations de grands requins blancs en Méditerranée

Lui, le prédateur en chef, le squale à la mauvaise réputation des Dents de la mer ? Eh bien oui, et de longue date. Sa présence dans Mare nostrum est connue depuis l'Antiquité. Entre 1600 et aujourd'hui, il y a eu environ "800 observations de grands requins blancs en Méditerranée ", indique Nicolas Ziani, le directeur du Groupe phocéen d'étude des requins (GPER) à Marseille. Cela correspond à toutes les fois où l'animal a été vu vivant dans son milieu naturel, pêché, ou qu'il a laissé une trace sous forme de "trophée". "Cette estimation intègre, par exemple, la mâchoire d'une collection privée que nous avons récemment identifiée à Toulon ", poursuit l'ichtyologue, dont l'équipe scientifique a d'ailleurs lancé un appel à témoin pour collecter dents, photos anciennes, etc. Bref, tout ce qui enrichirait sa base de données des spécimens en Méditerranée.

Mais combien y a-t-il de squales de cette espèce effectivement vivants aujourd'hui ? "Une modélisation de la population des grands blancs en Méditerranée montre un déclin de 90 à 96 % " depuis la fin du XIXe siècle, reprend-il. Cet effondrement mène à une estimation de moins de 80 Carcharodon carcharias . Une goutte d'eau dans la mer. Qui explique que les apparitions du requin blanc le long de nos côtes sont effectivement rarissimes.

"Une modélisation de la population des grands blancs en Méditerranée montre un déclin de 90 à 96 %" Nicolas Ziani, directeur du Groupe phocéen d'étude des requins (GPER), à Marseille. Crédit : GPER MARSEILLE

Ainsi le confirment les professionnels de la pêche, comme l'a constaté Sciences et Avenir en interrogeant des prud'homies, ces institutions officielles qui gèrent l'activité en Méditerranée et décident des quotas des pêcheurs. À Martigues, William Tillet, premier prud'homme, témoigne : "En trente ans de prud'homie, je n'ai pas souvenir de problèmes, de contacts ou de récits concernant le requin blanc - à part dans la presse." De son côté, Gérard Carrodano, premier prud'homme de pêche à La Ciotat, confie : "J'ai 70 ans et, en 40 ans de pêche, je pense avoir identifié seulement deux fois le grand requin blanc."

Victime collatérale de la chasse aux thons

L'effondrement du nombre de requins blancs est une conséquence de la surpêche en Méditerranée. De nombreux spécimens ont été des victimes collatérales de la chasse aux thons, trouvant par exemple la mort dans des madragues. Ce dispositif de pêche, très ancien, consiste en de grands filets, fixes ou mobiles, installés en formant des couloirs sur les routes de migrations de ce gibier marin. De quoi canaliser les poissons vers une "chambre de la mort" sans issue. En suivant les thons dont ils se nourrissent, des requins blancs s'y sont retrouvés prisonniers.

D'autres spécimens ont été pêchés par des chalutiers. Au large de l'Hérault, en 1956, l'équipage du Rosine-Raphaël a eu la stupéfaction de remonter un Carcharodon carcharias de 5,89 mètres de long pour plus de 2 tonnes. Une photo de l'époque montre le squale, suspendu par la queue, devant la boutique du mareyeur Azaïs, à Sète. Son moulage - avec quelques dents d'origine - trône aujourd'hui en majesté au musée cantonal des sciences naturelles de Lausanne, en Suisse.

Un "Carcharodon carcharias" long de 5,89 m et pesant 2 tonnes, ramené par des pêcheurs locaux et exposé à Sète en 1956. Crédit : STUDIO CLÉMENT - FONDS ARCHIVES MUNICIPALES DE SÈTE

Mais le grand blanc n'a pas été qu'une victime accidentelle. Il fut directement ciblé dans le golfe de Trieste (Italie) et dans la partie orientale de la mer Adriatique (Voir encadré ci-après). Une pêcherie spécifique existait aussi dans le détroit de Messine, entre la Sicile et la péninsule italienne "au XIXe siècle et au début du siècle, où les navires pêchant l'espadon ciblaient également le grand requin blanc pour sa chair, le capturant à l'aide d'un harpon spécifique ", écrit dans son livre Mediterranean great white sharks (non traduit en français) le biologiste marin Alessandro De Maddalena.

A Trieste, un spécimen bien conservé

Cinq mètres et 40 cm de long ! Ce grand requin blanc, pêché le 29 mai 1906 en mer Adriatique, est exposé au musée d'histoire naturelle de Trieste . La conservation de Carlotta tient du miracle : "Le requin n'a pas été capturé dans des filets ou avec des crochets, raconte Nicola Bressi, conservateur au musée. Il a été abattu en surface à l'arme à feu par Antonio Morin, capitaine de la police maritime austro-hongroise. Son corps est resté presque intact. Surtout, Morin naviguait sur l'un des premiers bateaux à moteur de la région, ce qui a permis de ramener rapidement l'animal au port, avant le début de la décomposition. " À l'époque, la chasse aux grands requins blancs était encouragée, avec des primes pour les tuer. Ainsi, le 3 avril 1872, les gouvernements maritimes de Trieste et de Fiume (l'actuelle Rijeka, en Croatie) publièrent un avis prévoyant des récompenses pour la capture et la mise à mort de "poissons-chiens".

Carlotta, requin blanc femelle de 5 ,40 m de long, a été capturée le 29 mai 1906. Crédit  : MUSEO CIVICO DI STORIA NATURALE DI TRIESTE

Le prédateur était vu comme un concurrent des pêcheurs, car il se nourrissait des thons pris au piège de leurs madragues. En trente-sept ans, les registres historiques révèlent que 30 grands requins blancs furent capturés dans cette zone de l'Adriatique orientale. Carlotta (le même nom que la fille de Morin !) est désormais le symbole d'un monde disparu, une Méditerranée où ces squales étaient bien plus nombreux.

Une proximité génétique avec les lignées indo-pacifiques

À l'autre extrémité de l'île, le canal de Sicile semble être un lieu de reproduction du squale. Ce bras d'eau qui fait face au golfe de Gabès, en Tunisie, est aussi emprunté par les thons rouges lors de leur migration saisonnière ; il est l'une des zones de la Méditerranée où les opportunités de croiser le grand blanc sont maximisées.

Pourtant, même là, les observations sont extraordinairement difficiles. C'est ce qu'illustre une étude de chercheurs américains, italiens et tunisiens, publiée en 2024 dans la revue Frontiers in Marine Science. Les scientifiques y relatent leurs tentatives pour observer le grand blanc durant trois expéditions, menées entre 2021 et 2023, dans le canal de Sicile. Ils utilisaient des caméras immergées (des Bruvs, ou "Baited remote underwater video"), opérées à distance et appâtées. Certaines étaient traînées par des bateaux ; d'autres, fixées à des ancres, étaient placées à 10 mètres de profondeur ou près du plancher méditerranéen. "Pendant le déploiement des Bruvs, nous avons continuellement utilisé des appâts supplémentaires, tels que du sang, de l'huile et des morceaux de poissons (de préférence du thon rouge), pour attirer les individus à proximité du bateau et de la ligne de Bruvs ", écrivent les chercheurs. À l'arrivée, pas moins de 359 heures de vidéo.

Le verdict ? des tortues, des thons, des cétacés, d'autres requins, mais pas un seul Carcharodon carcharias. Il est pourtant bel et bien là, ainsi que le montrent les images sous-marines filmées en ce mois de juin, mais aussi les recherches d'ADN environnemental faites au cours des expéditions : des prélèvements d'eau dont l'analyse permet de révéler les espèces qui ont laissé quelques cellules comme traces de leur passage. "Nos campagnes suggèrent que la population de requins blancs méditerranéens est probablement plus réduite et fragmentée que ce qui était précédemment envisagé", concluent les auteurs.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) l'a d'ailleurs classé comme en danger critique d'extinction en Méditerranée. Le risque est d'autant plus important qu'il s'agit d'une espèce vivant isolée des Carcharodon carcharias océaniques. Cela a été démontré dès 2010 par une étude génétique publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B. Les chercheurs ont séquencé l'ADN mitochondrial - une "région de contrôle" particulièrement stable de génération en génération - de quatre spécimens méditerranéens.

Ces données ont été comparées à celles de populations de requins blancs issues de l'Atlantique Nord-Ouest, d'Afrique du Sud et de l'Indo-Pacifique. Le résultat montre une très faible diversité génétique des spécimens méditerranéens. L'étude a aussi réservé une surprise aux chercheurs : les grands blancs de Mare nostrum sont génétiquement proches des lignées indo-pacifiques, et nettement distincts de ceux de l'Atlantique, pourtant plus proches géographiquement.

Dans la réserve marine de Cerbère-Banyuls, des squales scrutés de la côte aux abysses

Sa présence était inattendue. À l'automne dernier, un requin hâ a été détecté dans un canyon du site de Cerbère-Banyuls, grâce à un drone sous-marin autonome lancé par l'équipe de Célia Bertrand, doctorante à l'université de Montpellier. Le projet Emerge, au cœur de la plus ancienne réserve de France, permettra d'apporter les premières connaissances sur la répartition spatiale des raies et requins le long des côtes, et de guider leur conservation locale avant de l'étendre à toute la Méditerranée.

"Pour la vingtaine d'espèces répertoriées, on a des indices de forte décroissance, mais aucune donnée précise", souligne l'écologue. Une campagne de marquage par balises acoustiques a débuté sur les raies, mais elle reste plus complexe pour les requins. "D'où le recours à l'ADN environnemental qui renseigne sur leur habitat, les flux migratoires et donc les zones à protéger en priorité." Premiers résultats fin 2026.

Par Caroline Douteau

Sur la piste des requins dans l'Atlantique Nord-Est

Ces résultats suggèrent une histoire du grand requin blanc de Méditerranée : son ancêtre pourrait être arrivé des mers australiennes voici plusieurs centaines de milliers d'années, lors d'une période interglaciaire. En cause, l'instabilité climatique du pléistocène moyen (il y a environ 350.000 à 550.000 ans) marquée par de fortes fluctuations de température et du niveau des mers. Ces perturbations majeures ont modifié les courants océaniques, provoquant des erreurs de navigation chez des requins migrateurs. Ces déplacements atypiques auraient conduit des spécimens indo-pacifiques à atteindre la mer Méditerranée, en dehors de l'aire de répartition normale de l'espèce. Résultat : quelques femelles gestantes se seraient trouvées piégées dans la Grande Bleue, où elles ont ensuite donné naissance à leurs petits.

Or, cette espèce présente une forte philopatrie maternelle : les mères ont tendance à retourner sur le site de leur propre naissance pour se reproduire. Du coup, la nouvelle population serait restée en Méditerranée. Cela aurait conduit à l'isolement génétique de ce regroupement, désormais qualifié par les chercheurs de "population puits" -sans renouvellement externe significatif. Est-ce à dire que le Carcharodon carcharias méditerranéen ne se risque pas à franchir le détroit de Gibraltar ? Dans le cas contraire, ces squales pourraient nager jusque dans les eaux de l'Atlantique Nord-Est, à la chasse aux thons qu'ils suivraient sur leur route de migration.

Le programme d'exploration "Save the Med" (comme Méditerranée) a testé cette hypothèse. Il s'agit d'une campagne océanographique menée par l'ONG américaine Ocearch entre juillet, août et septembre 2024 sur plus de 6400 kilomètres dans les eaux atlantiques, à la recherche du grand requin blanc méditerranéen. "Beaucoup pensent que les requins blancs ne se trouvent pas dans les eaux du nord-est de l'Atlantique, au large de l'Irlande, de la France et de l'Espagne, mais des dizaines de témoignages et récits de pêcheurs disent le contraire ", commentait avant le départ, dans un communiqué de presse, le fondateur de l'ONG Chris Fischer.

Morsures de requin

65 morsures de requin dites "non provoquées", et notamment dues au grand blanc, étaient recensées dans le monde en 2025. Mais aucune en Méditerranée. (SOURCE : FLORIDA MUSEUM, 2026)

Quelques observations sporadiques plaident bel et bien pour que le squale puisse être présent sur la côte atlantique. En 2021, un spécimen d'environ 5 mètres a été vu (et photographié) dans le port de La Corogne, en Galice (Espagne). Par ailleurs, "le dernier cas avéré en France sur la côte atlantique date de 1977, à La Rochelle. L'animal a été identifié par un scientifique", explique Armelle Jung, biologiste à Des requins et des humains, une association internationale pour la conservation des élasmobranches, la sous-classe des poissons cartilagineux à laquelle appartiennent les raies et les requins. Plus récemment, en 2007, un plongeur en mer d'Iroise (sur les côtes occidentales du Finistère) affirmait avoir vu un grand blanc. Mais n'a-t-il pas pu confondre avec un requin-taupe ou un requin mako, deux espèces présentes dans ces eaux-là ?

C'est dans ce contexte qu'Armelle Jung a accepté l'invitation d'Ocearch à participer à cette campagne d'exploration, avec son collègue Gauthier Schaal, maître de conférences à l'Institut universitaire européen de la mer (université de Bretagne occidentale, à Plouzané). Le binôme a passé quinze jours en mer, le temps de la campagne au large de la Bretagne : "Nous avons exploré plusieurs zones autour de la pointe bretonne, décrit Gauthier Schaal. D'abord la mer d'Iroise, notamment près de l'archipel de Molène et de l'île d'Ouessant. Ensuite, navigation vers l'archipel des Glénan, au sud de Concarneau. En revenant, nous avons couvert la baie de Douarnenez."

L'ADN environnemental pour lever le doute

La zone du parc marin d'Iroise, dans l'archipel de Molène, est riche d'une colonie de phoques en expansion depuis quelques années. À l'instar de ce qu'il se passe de l'autre côté de l'Atlantique, il est vraisemblable que si les requins blancs sont au large de la Bretagne, c'est à proximité des phoques, qui font partie de leurs menus. Lesquels incluent aussi les mammifères marins : or, il y a aussi pas mal de dauphins dans cette région, notamment du côté des Glénan. Et, surtout, cette zone correspond à la voie de migration des thons rouges. Eux viennent de Méditerranée. Est-il possible que ce soit aussi le cas des requins blancs qui partiraient à leur chasse ?

Profondeur, nourriture disponible, température… Les eaux bretonnes possèdent les caractéristiques écologiques qui plaident pour la présence du requin blanc. "Si ce n'est qu'il faut qu'il y ait une population qui puisse les envoyer jusqu'ici : c'est la grande question, les grands blancs de Méditerranée sont-ils suffisamment nombreux pour cela ?" s'interroge Armelle Jung. Mais au large de l'Espagne, de la France et de l'Irlande, nul spécimen n'a montré la pointe de son aileron. Cela ne signifie pas que le squale n'y est pas.

Là encore, l'ADN environnemental permettrait d'en avoir le cœur net. Pendant le temps passé en mer, l'équipe de Save the Med a ainsi traîné des "torpilles", à l'arrière du bateau, qui transportent des systèmes de filtres au travers desquels passe l'eau de mer, ce qui permet de récolter les molécules d'ADN. Ces prélèvements sont désormais à Brest, dans le labo de l'association Des requins et des humains, en attente du financement qui per mettra de les séquencer. Les scientifiques ont l'espoir de bientôt le décrocher. Et d'écrire ainsi une autre page de l'histoire du grand blanc le long des côtes françaises.

La rumeur de Piombino

Le 2 février 1989, au large du golfe de Baratti, en Toscane, Luciano Costanzo a été tué par un grand requin blanc. C'est la dernière attaque mortelle avérée en Méditerranée. "Luciano Costanzo plongeait pour inspecter une ligne électrique reliant la ville portuaire de Piombino à la Corse, puis à la Sardaigne. Une opération de routine, effectuée de nombreuses fois auparavant", raconte le journaliste Stefano Tamburini. Resté sur le bateau, l'ingénieur Paolo Bader a été témoin de l'attaque, survenue en surface : il l'a racontée à Tamburini, dans un entretien publié dans le quotidien régional Il Tirreno.

L'entretien avec le témoin du drame dans le journal local "Il Tirreno". Crédit : STEFANO TAMBURINI

Ces circonstances dramatiques ont fait affluer télés, radios et journaux nationaux à Piombino. L'émoi médiatique fut considérable, avec son lot de fake news : le corps du plongeur n'ayant pas été retrouvé, "la rumeur s'est répandue qu'il s'était enfui pour toucher une assurance - qui n'existait pas -, ou qu'il s'agissait de cacher les vraies raisons de sa mort, provoquée en pêchant à l'explosif", reprend l'auteur du livre L'uomo e il mare, consacré à l'affaire. Pourtant, son équipement de plongée a bien été découvert au fond de la mer trois jours après sa disparition, avec des marques de morsures de requin et des restes de tissus organiques : "À l'époque, les tests ADN n'étaient pas possibles, conclut Stefano Tamburini. Seuls des tests de groupe sanguin ont été réalisés, et ils correspondaient à celui de la victime." Et c'est bien l'attaque de requin qui a été retenue par le tribunal de Livourne comme cause officielle du décès de Costanzo.

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