
La lenteur des paresseux... serait inscrite dans leur ADN. On vous explique dans cette vidéo :
D'abord, il faut savoir que les paresseux, comme les tatous et les fourmiliers, appartiennent à un même groupe de mammifères : les xénarthres. Et au cours de l'évolution, ils ont suivi une trajectoire assez différente des autres mammifères.
Tous les xénarthres ont un métabolisme particulièrement lent : ils dépensent très peu d'énergie, digèrent lentement et bougent peu.
Des chercheurs se sont donc demandé si ce mode de vie avait laissé une trace dans leur ADN. Pour le vérifier, ils ont séquencé le génome complet d'un paresseux à deux doigts élevé en captivité, puis l'ont comparé à celui d'autres mammifères. Leurs résultats ont été publiés dans BMC Biology.
Ils ont découvert un nombre exceptionnel de rétrotransposons. Ce sont des éléments génétiques mobiles qui produisent des copies de gènes, appelées rétrocopies qui peuvent parfois acquérir de nouvelles fonctions au cours de l'évolution. Le groupe des paresseux, et plus largement des xénarthres, en possède beaucoup plus que les autres mammifères : choloepus dyactylus, le paresseux à deux doigt en possède 15 000 contre 8 000 chez notre espèce, Homo sapiens.
Ce n'est pas un hasard : la plupart de ces copies proviennent de gènes liés au métabolisme et aux mitochondries. Les mitochondries, ce sont les petites "centrales énergétiques" de nos cellules : elles produisent l'énergie dont elles ont besoin pour fonctionner.
Est-ce que cela veut dire qu'il existe un "gène de la lenteur" ? Pas exactement.La lenteur du paresseux est le résultat de millions d'années d'évolution : une alimentation pauvre en énergie, un métabolisme extrêmement économe... et peut-être aussi des modifications de son ADN qui ont contribué à faire fonctionner tout son organisme au ralenti.