
Si les bibliothèques du Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) rassemblent près de deux millions de documents d'archives et d'instruments de collection, accessibles à tous, les réserves, elles, demeurent bien plus discrètes. Fermées au public, elles abritent les objets les plus fragiles et les plus précieux : une collection originale de fruits en cire, modelés en taille réelle, des dessins du botaniste Jussieu, des ouvrages d’ethnobotanique, d’immenses globes terrestres, ou encore des planches du décorateur Emile Allain Séguy.
Mais ce qui constitue un des trésors les plus admirables de ces réserves est la collection de vélins, des parchemins extrêmement fins, obtenus à partir d’une peau de jeune veau ou de veau mort-né. Leur transparence particulière en fait un support privilégié pour les peintures.
Un inventaire naturaliste sans précédent
C’est sur ces vélins que le miniaturiste Nicolas Robert entreprend un inventaire naturaliste sans précédent. Sur commande du frère de Louis XIII, il peint la flore et les oiseaux de son jardin de Blois.
Nicolas Robert passe ensuite le relais à d’autres artistes naturalistes, tels que Madeleine Basseporte et Pierre-Joseph Redouté, surnommé "le Raphaël des fleurs". La consignation des espèces se poursuit donc au fil du temps, à la gouache ou à l’aquarelle, selon un format fixe (46 cm sur 33 cm). Cette pratique perdure malgré l'apparition de la photographie, ces vélins étant réputés pour leur exactitude et la finesse de leurs traits.
Actuellement composée de plus de 7000 vélins, cette encyclopédie de la nature est unique au monde, bien que peu présentée au public. L’exposition Artistes au Muséum, qui ouvrira ses portes le 23 septembre 2026, mettra à l’honneur ces œuvres scientifiques. Cependant, les vélins exposés tourneront selon un système de rotation pour limiter leur exposition à la lumière et préserver leur intégrité.
Artistes au Muséum. Du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027, au Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris). Plus d'informations sur le site officiel.