
"Les plantes font un travail incroyable pour nous, et on ne s’en rend même plus compte." Depuis 2013, Caroline Loup est responsable de l’herbier de l’Université de Montpellier. C’est à la fin du 19ème siècle que Charles Flahault, professeur à la Faculté des Sciences, créé l’Institut de Botanique. Il réunira dans un seul bâtiment l’ensemble des herbiers des trois facultés de Montpellier.
En face du Jardin des Plantes, les rayonnages pleins de planches parcourent six étages, soit une distance de 5,5 kilomètres. Les 1,4 million d’espèces inventoriées – estimés à la moitié selon Caroline Loup, font de cette bibliothèque du vivant la troisième plus grande en France, derrière Paris, et côte à côte avec Lyon. Dans l’obscurité, algues, champignons, lichens, mousses, phanérogames (plantes à fleurs) et gymnospermes (plantes dont l’ovule est nu, comme les conifères ou le Ginkgo biloba) sont conservés au cœur des nombreuses liasses.
Des témoins du changement climatique
Ces collections de plantes séchées sont à la fois un outil de travail pour les chercheurs, de formation pour les aspirants botanistes, et un lieu de conservation et d’archivage de nombreuses données. Véritables témoins du changement climatique, les herbiers permettent de comparer les périodes de floraison d'il y a 200 ans avec celles d'aujourd’hui. "Des chercheurs ont remarqué une différence de trois semaines dans les récoltes de champignons", explique Caroline Loup. Ce décalage est dû à une faible pluviométrie et à de grandes sécheresses qui empêchent les espèces de se développer correctement.
Les herbiers, sources d’émerveillement pour le vivant
À chaque fois qu’elle ouvre une nouvelle liasse, c’est comme un cadeau de Noël, une nouvelle surprise que lui offre le vivant. "Je suis très admirative des arbres et des plantes qui poussent. Au niveau mécanique, c’est quelque chose d’incroyable. Ça pousse tout le temps, si ça ne pousse plus, c’est mort." En déambulant parmi les kilomètres d’archives, la responsable de l’herbier n’a pas fini de s’émerveiller.