
Les scientifiques viennent peut-être de trouver un talon d'Achille aux polluants éternels. Les PFAS doivent leur exceptionnelle résistance à une liaison chimique entre le carbone et le fluor, l'une des plus solides qui existent. C'est justement pour ça qu'on les utilise partout : ils résistent à la chaleur, à l'eau, au temps.
Mais cette robustesse est aussi devenue un problème majeur. Depuis plusieurs années, les études associent les PFAS à divers risques pour la santé, tandis que ces substances contaminent les sols, les rivières et jusqu'à l'eau potable. Partout dans le monde, les chercheurs cherchent donc à mettre au point des technologies capables de les détruire.
Plasma, électrochimie, ultrasons ou encore rayons ultraviolet. Ces technologies fonctionnent différemment, mais elles ont un point commun : elles produisent des espèces réactives, des molécules ou des particules extrêmement instables capables d'attaquer les fameuses liaisons.
Jusqu'à présent, les chercheurs pensaient que les principaux "casseurs de liaisons" étaient surtout les électrons hydratés ou les radicaux hydroxyles. Mais une équipe danoise vient de montrer qu'un autre acteur pourrait jouer un rôle bien plus important que prévu : les radicaux d'hydrogène, produits lorsque de l'eau est exposée à une lumière UV très intense.
Cette découverte ne signifie pas qu'on sait enfin détruire facilement les PFAS. Mais elle permet de mieux comprendre quel mécanisme chimique fait réellement le travail. Et ça, c'est essentiel pour concevoir des procédés plus efficaces.
L'avantage de cette approche, c'est qu'elle pourrait fonctionner sans ajouter de produit chimiques, en utilisant simplement de l'eau et la lumière. Mais il reste encore beaucoup de défis : le procédé est lent, énergivore, et certains sous-produits formés pendant la réaction doivent encore être étudiés.
Lire aussiLes effets des polluants éternels sur la santé
Surtout, la plupart des technologies actuelles ne détruisent pas complètement les PFAS. Les filtres à charbon actif, par exemple, les retirent de l'eau mais les concentrent dans un support qu'il faut ensuite traiter. Autrement dit, le problème est souvent déplacé plutôt que résolu.
Et même avec les meilleures technologies disponibles, leur impact resterait limité. Une étude menée par des chercheurs et des journalistes du Forever Pollution Project, coordonnée par le journal Le Monde, estime que si toute l'Europe était équipée de ces procédés, ils permettraient de traiter moins de 2 % des émissions annuelles de PFAS.
C'est pourquoi les auteurs du Forever Pollution Project insistent sur l’interdiction de sa production, en les remplaçant par des substances moins persistantes et également renforcer le principe de pollueur-payeur déjà inscrit dans le droit européen.