
“Miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ?” On les connaît tous, les sorcières ont bercé les contes de notre enfance. La méchante sorcière de l’Est ou les sœurs Sanderson ; ces femmes ont fait frissonner petits et grands. L’image de la sorcière est historiquement péjorative. Elles sont associées à la fourberie et la mesquinerie ; au point que le terme “sorcière” soit devenu une insulte. Cette vision négative et stéréotypé se retrouve encore aujourd’hui dans les définitions courantes : selon le dictionnaire en ligne Le Robert, une sorcière est une “vieille femme laide et méchante”. Pourtant, cette vision cache une réalité historique bien plus complexe. Derrière le terme de “sorcière” se trouvent des figures diverses : prêtresses, guérisseuses, femmes liées aux savoirs botaniques ou spirituels. Une diversité de rôles et de statuts que l’histoire a progressivement mélangés, souvent au détriment de leur reconnaissance.
C’est précisément ce que propose de déconstruire l’exposition “Ma sorcière mal nommée”, présentée à l’abbaye de Daoulas, en Bretagne. Du 5 juin au 29 novembre 2026, le parcours mêle œuvres d’art, archives et objets pour interroger la fabrication de cette figure et mettre en regard les mythes persistants avec les réalités historiques. “L’idée était de montrer comment des figures très différentes ont été réunies sous une même étiquette”, explique la commissaire d'exposition Edith Joseph. “Le choix des œuvres s’inscrit dans cette démarche, en confrontant représentations fantasmées et ancrages culturels variés”, précise l’historien en art Pierre Tcheckoff. L’exposition explore la richesse symbolique de la sorcière, source d’inspiration pour les artistes, écrivains et cinéastes. Du vaudou béninois aux chamanes coréennes, jusqu’aux sorcières contemporaines, “Ma sorcière mal nommée” propose ainsi le panorama d’une figure universelle.