
Les nouvelles générations amorcent un recul des consommations d’alcool et de tabac
"Ces substances sont associées à des valeurs telles que le vivre-ensemble et la présevation du patrimoine, note Bernard Basset, président de l'association Addictions France. Il est donc difficile de s'en émanciper. Pourtant, on observe une désaffection croissante, en particulier chez les jeunes générations, qui pourrait laisser entrevoir un scénario similaire. " En effet, la proportion de fumeurs quotidiens est passée de 28,6 % en 2014 à 18,2 % en 2024, la consommation d'alcool de 12 litres d'alcool pur par personne et par an à 10,4 pendant cette même décennie, d'après l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).
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Réduire les consommations pour éviter des dizaines de milliers de décès
Or, faire une croix sur les deux premières causes de mortalité évitables entraînerait aussi une révolution sanitaire. D'après Santé publique France, l'alcool est responsable de 112 décès par jour, dont environ 40 % liés à des cancers et 25 % à des maladies cardiovasculaires. Quant au tabac, 200 décès par jour lui sont attribués, principalement des cancers du poumon, des maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques. Au total, on peut s'attendre à éviter près de 110.000 décès prématurés chaque année.
Des effets en cascade sur la société : santé, violences et inégalités
"Cet effet positif devrait aussi ruisseler sur les proches des consommateurs et sur la société, avec une diminution des complications de grossesse (prématurité, fausse couche, troubles cognitifs de l'enfant), une baisse des accidents de la route, ainsi qu'une réduction drastique des violences physiques et sexuelles", poursuit Bernard Basset.
C'est ce qui a été observé en Inde, où la fabrication, la vente et la consommation d'alcool sont interdites dans l'État du Bihar depuis 2016.
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Une étude publiée dans The Lancet en 2024 montre une diminution du surpoids et de l’obésité chez les hommes, et une réduction des violences psychologiques et sexuelles envers les femmes, comparativement aux années précédentes et aux États voisins. Selon une étude parue dans Lung Cancer, plus de 78.000 cancers du poumon auraient été évités entre 1956 et 2015 en Australie grâce aux politiques antitabac, la part de fumeurs quotidiens ayant été ramenée à 8 %.
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Au-delà de la santé, le fardeau économique de ces addictions
Les économistes en santé publique tentent de quantifier le coût social de ces addictions. Selon la dernière estimation de l'OFDT, publiée en 2023 à partir de données de 2019, celui de l'alcool en France s'élève à 102 milliards d'euros, quand celui du tabac atteint 156 milliards. Une somme qui expose le déséquilibre entre les recettes générées par les taxes et le coût réel imposé à la société (soins, prévention, effets sociaux) et révèle le bénéfice financier que représenterait leur disparition.